Le millésime 2016 est en route

A la lueur de prévisions météorologiques positives pour la décade à venir, le millésime 2016 commence à se dessiner…pour les Merlots tout au moins.
Car malgré l’impression unanimement partagée d’un été exceptionnellement chaud et sec (10mm d’eau à Pessac entre le 24 juin et le 15 septembre…) la maturation s’éternise, conférant au cycle une longueur devenue rare, jeunes vignes mises à part.
Il faut rappeler que l’hiver très doux et pluvieux à partir de janvier avait conditionné un débourrement assez précoce, aux derniers jours de mars, amenant à craindre un gel de printemps, dont nous avons fort heureusement été épargnés. Le printemps fut très humide mais la douceur des nuits a permis une étonnante qualité de floraison, y compris des merlots. Chose rare, la coulure et le millerandage ont ainsi davantage concerné les cabernets, régulant naturellement leur charge généreuse. Mais ces conditions humides ont dans le même temps nécessité une veille accrue pour préserver des maladies ce potentiel de récolte.
La longueur du cycle végétatif renforce l’importance de la préservation de feuilles saines, qui ont par ailleurs joué leur rôle d’ombrelle et limité l’échaudage des baies. Et puisque la préservation de la fraîcheur et l’expression de la race de nos vins sont une quête permanente, il a fallu accepter d’être minimaliste dans la suppression de feuilles prétendument inutiles ou néfastes, pour éviter aux raisins les stigmates de cet été écrasant.
Entre pression fongique et canicule, le millésime 2016 peut, en somme, être décrit comme un millésime d’équilibriste. Les dix beaux jours annoncés permettent d’avancer que les merlots iront au bout de leur potentiel et que nous aurons le loisir d’en choisir la juste date de récolte, comme un peintre choisit ses couleurs sur la palette. Il est encore tôt pour en dire de même des cabernets, même si cette plage de beau temps et leur état sanitaire, à ce jour parfait, incitent à l’optimisme.
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